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Cours : Les algues en cuisine – De la mer à l’assiette
1. Introduction – Pourquoi cuisiner avec des algues ?
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🌍 Ressource durable et abondante, cultivée en Bretagne et ailleurs.
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💪 Super-aliment : riche en protéines (jusqu’à 30 %), fibres, minéraux (iode, calcium, magnésium, fer), vitamines (A, B12, C, E).
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😋 Saveurs uniques : notes iodées, marines, parfois proches des épinards, des champignons ou du thé fumé.
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🎨 Polyvalence : elles se cuisinent crues, cuites, séchées, en paillettes, en condiments.
2. Les grandes familles d’algues culinaires
🔴 Algues rouges
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Dulse (Palmaria palmata) : goût fumé, bacon marin → crue en salade, poêlée rapide.
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Nori (Porphyra) : utilisée pour les makis japonais → en feuilles séchées ou en paillettes.
🟤 Algues brunes
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Haricot de mer (Himanthalia elongata) : longues lanières, goût doux → en “tagliatelles”.
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Kombu (Laminaria digitata) : riche en glutamate naturel → base de bouillons, court-bouillons.
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Wakamé (Undaria pinnatifida) : goût tendre, légèrement sucré → souvent en soupe miso.
🟢 Algues vertes
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Laitue de mer (Ulva lactuca) : goût frais, proche de l’oseille → salades, beurres, papillotes.
3. Comment récolter et préparer ?
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🌊 Toujours ramasser algues vivantes et fixées, jamais échouées.
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✂️ Couper à quelques cm du crampon, pour permettre la repousse.
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🚫 Respecter la réglementation : en Bretagne, max. 5 kg par personne et par marée.
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💦 Préparation :
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Rincer abondamment → éliminer sable et sel.
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Dessaler (trempage ou rinçage).
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Blanchir rapidement (10–20 sec) → fixer la couleur et réduire l’iode.
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4. Techniques culinaires
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Crues : hachées dans les salades (laitue de mer, dulse).
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Cuites : comme légume (haricot de mer poêlé, wakamé dans soupe).
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Condiment : en paillettes séchées, saupoudrées sur plats (nori, dulse).
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Bouillons : kombu ou fucus, riches en glutamate naturel → apportent de l’umami.
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En papillote : utiliser les grandes feuilles (laitue de mer, kombu) pour cuire poisson ou légumes.
5. Recettes pédagogiques pour atelier pratique
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Beurre aux algues
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Beurre demi-sel + paillettes de laitue de mer + zeste de citron.
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À tartiner ou sur un poisson rôti.
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Salade iodée
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Dulse crue ciselée + concombre + pomme verte + vinaigrette au sésame.
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Tagliatelles de la mer
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Haricot de mer blanchi → servi comme des pâtes, avec ail, huile d’olive, citron.
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Court-bouillon breton
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Kombu + oignon + laurier → cuire coquillages ou poisson, parfum intense.
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Tartare d’algues (recette bretonne)
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Mélange de dulse, laitue de mer, nori, câpres, échalotes, huile d’olive.
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6. Points sanitaires et précautions
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⚠️ Surconsommation d’iode → à éviter (surtout pour personnes avec troubles thyroïdiens).
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⚠️ Risques de métaux lourds → toujours préférer algues de filières contrôlées (labels, producteurs).
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🚫 Ne pas consommer échouées (dégradation + bactéries).
7. Message final
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Les algues ne sont pas un “truc exotique”, mais un légume de la mer.
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Elles ouvrent la voie à une cuisine saine, locale, durable et créative.
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Dans vos futurs métiers de cuisiniers, elles peuvent devenir votre signature iodée ✨.
🌿🍴 Sélection de plats gastronomiques aux algues
🥂 Entrées
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Huîtres pochées au beurre de laitue de mer, émulsion citronnée
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Huîtres pochées dans un court-bouillon au kombu.
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Sauce montée au beurre travaillé avec Ulva lactuca.
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Finition avec une écume de jus de citron vert.
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👉 Accord : chablis minéral.
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Ingrédients (4 personnes)
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Huîtres plates de Bretagne (n°3) : 12 pièces
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Kombu breton (Laminaria digitata) : 10 g séché
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Laitue de mer (Ulva lactuca) : 30 g fraîche dessalée ou 10 g séchée réhydratée
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Beurre doux : 100 g
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Échalote : 1 pièce
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Vin blanc sec : 10 cl
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Crème liquide entière : 10 cl
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Jus de citron vert : 5 cl
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Lécithine de soja (facultatif, pour stabiliser l’écume) : 2 g
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Sel fin, poivre blanc
Étapes de réalisation
1. Court-bouillon au kombu
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Faire chauffer 50 cl d’eau avec le kombu.
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Ajouter l’échalote ciselée et le vin blanc.
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Porter à frémissement 10 min, puis filtrer → base iodée et umami.
2. Préparation des huîtres
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Ouvrir les huîtres, récupérer leur eau et la filtrer.
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Décoller les huîtres de la coquille et les réserver au frais.
3. Pochage des huîtres
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Porter le court-bouillon à 75 °C (ne pas bouillir).
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Y plonger les huîtres 30 secondes → juste nacrées mais encore moelleuses.
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Égoutter délicatement sur papier absorbant.
4. Beurre de laitue de mer
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Mixer le beurre pommade avec la laitue de mer finement ciselée.
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Filtrer pour obtenir un beurre parfumé homogène.
5. Sauce iodée
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Réduire le court-bouillon de moitié.
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Ajouter la crème liquide, réduire encore légèrement.
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Hors du feu, monter la sauce au fouet avec le beurre de laitue de mer → sauce onctueuse et brillante.
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Rectifier sel/poivre.
6. Émulsion citronnée
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Chauffer légèrement le jus de citron vert.
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Ajouter une cuillère de sauce.
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Mixer au mixeur plongeant (avec la lécithine si utilisée) pour créer une belle écume aérienne.
Dressage
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Déposer 3 huîtres pochées par assiette creuse.
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Napper d’un cordon de sauce au beurre de laitue de mer.
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Déposer une cuillère d’écume citronnée sur le dessus.
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Décorer avec une pluche de fenouil ou un éclat de laitue de mer séchée croustillante.
🎯 Accords et pédagogie
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Accord vin : Chablis minéral → souligne l’iode et la finesse du plat.
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Technique clé pour les élèves : pochage basse température, beurre monté aux algues, émulsion/écume.
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Tartare de Saint-Jacques, dulse et pomme granny
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Noix de Saint-Jacques crues taillées en brunoise.
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Dulse (Palmaria palmata) ciselée + pomme granny acide.
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Condiment : huile de sésame toastée, vinaigre de cidre.
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👉 Dressage en cercle, décor paillettes de nori.
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Ingrédients (4 personnes)
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Noix de Saint-Jacques : 12 pièces (fraîches, sans corail)
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Dulse (Palmaria palmata) : 20 g fraîche dessalée, ou 8 g séchée réhydratée
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Pomme Granny Smith : 1 pièce
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Échalote : 1 petite
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Huile de sésame toastée : 1 c. à soupe
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Huile d’olive extra vierge : 1 c. à soupe
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Vinaigre de cidre : 1 c. à soupe
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Sel fin, poivre blanc
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Nori (Porphyra) en paillettes ou en feuille séchée réduite en poudre : 2 g
Étapes de réalisation
1. Préparation des algues
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Si dulse fraîche : la rincer et la dessaler 10 min dans l’eau claire.
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La ciseler finement au couteau.
2. Préparation des Saint-Jacques
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Retirer le muscle latéral.
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Tailler la chair en brunoise régulière (cubes de 3–4 mm).
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Travailler sur planche bien froide pour conserver la fraîcheur.
3. Préparation des garnitures
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Pomme Granny : couper en brunoise fine (même taille que les Saint-Jacques).
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Échalote : ciseler très finement.
4. Assaisonnement
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Dans un cul-de-poule, réunir Saint-Jacques, dulse, pomme et échalote.
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Ajouter huile de sésame, huile d’olive, vinaigre de cidre.
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Mélanger délicatement, rectifier sel et poivre.
5. Dressage
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À l’aide d’un emporte-pièce rond, dresser le tartare en cercle au centre de l’assiette.
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Décorer avec un voile de paillettes de nori (ou une tuile fine de nori grillé).
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Option : ajouter une petite quenelle de crème fouettée légèrement citronnée sur le côté pour contraste.
🎯 Accords et pédagogie
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Accord vin : Muscadet Sèvre-et-Maine sur lie ou champagne extra-brut.
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Techniques clés pour les élèves :
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Découpe en brunoise régulière (précision et esthétique).
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Maîtrise de l’assaisonnement (équilibre entre iode, acidité, gras).
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Dressage moderne (emporte-pièce, décor poudre/nori).
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Raviole de langoustine, bouillon d’algues fumé
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Farce de langoustine + coriandre.
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Ravioles maison, cuisson minute.
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Bouillon infusé au kombu + thé fumé.
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👉 Service en salle : verser le bouillon fumant devant les convives.
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🐟 Plats de poisson (exemples)
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Bar de ligne en croûte de nori, mousseline de topinambour
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Filet de bar en croûte de poudre de nori (Porphyra).
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Mousseline de topinambour, beurre noisette.
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Sauce vin jaune, émulsion au wakamé (Undaria pinnatifida).
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👉 Dressage minimaliste, algue séchée croustillante en décor.
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Ingrédients (4 personnes)
Poisson & croûte
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Filet de bar de ligne (désarêté, sans peau) : 4 pavés de 120 g
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Poudre de nori (Porphyra) : 8 g
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Chapelure fine : 20 g
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Beurre pommade : 40 g
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Sel fin, poivre blanc
Mousseline de topinambour
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Topinambours : 400 g
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Beurre : 50 g
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Crème liquide entière : 12 cl
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Jus de citron : quelques gouttes
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Sel, poivre blanc
Sauce vin jaune & émulsion wakamé
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Vin jaune : 10 cl
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Fond de volaille réduit : 15 cl
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Crème liquide : 5 cl
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Wakamé séché (Undaria pinnatifida) : 8 g (ou 20 g réhydraté)
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Beurre : 30 g
Décor
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Feuille de nori entière grillée : 1 pièce
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Chips de topinambour : 4 pièces
Étapes de réalisation
1. Préparation de la croûte de nori
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Mélanger beurre pommade, poudre de nori et chapelure pour obtenir une pâte homogène.
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Étaler finement entre deux feuilles de papier cuisson (2 mm d’épaisseur).
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Réserver au froid.
2. Préparation du poisson
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Tailler les pavés de bar (120 g chacun).
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Assaisonner sel et poivre.
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Déposer un rectangle de croûte de nori sur le dessus de chaque pavé.
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Réserver au frais jusqu’à cuisson.
3. Mousseline de topinambour
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Éplucher et couper les topinambours.
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Cuire à l’eau salée ou à la vapeur jusqu’à tendreté.
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Égoutter et mixer avec beurre et crème jusqu’à consistance lisse.
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Rectifier assaisonnement, ajouter une pointe de jus de citron.
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Passer au chinois pour une texture soyeuse.
4. Sauce vin jaune & émulsion wakamé
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Réduire le vin jaune de moitié.
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Ajouter le fond de volaille réduit et la crème, porter à frémissement.
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Incorporer le wakamé et laisser infuser 5 min.
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Mixer et monter au beurre.
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Passer au chinois étamine pour obtenir une sauce lisse et mousseuse.
5. Cuisson du poisson
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Préchauffer le four à 180 °C.
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Cuire les pavés de bar 8–10 minutes selon l’épaisseur.
👉 La croûte doit rester verte-noire, légèrement croustillante, sans brûler.
6. Dressage
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Sur l’assiette : déposer une quenelle de mousseline de topinambour.
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Poser le pavé de bar en croûte de nori à côté.
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Verser un cordon de sauce vin jaune–wakame.
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Décorer avec une tuile croustillante de nori grillé et une chips de topinambour.
🎯 Points pédagogiques
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Croûte d’herbes/algues → technique classique revisitée avec nori.
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Équilibre iodé (nori/wakamé) avec la rondeur du vin jaune.
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Dressage minimaliste : importance des volumes, couleurs, textures.
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Cabillaud vapeur, haricot de mer façon tagliatelle, jus réduit au cidre
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Cuisson douce vapeur pour préserver la nacre.
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Haricot de mer (Himanthalia elongata) blanchi → présenté comme des pâtes fraîches.
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Jus corsé au cidre réduit, finition au beurre.
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👉 Jeu sur le “terre-mer breton”.
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Ingrédients (4 personnes)
Poisson
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Pavés de cabillaud (dos, sans peau ni arêtes) : 4 × 140 g
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Sel fin, poivre blanc
Haricot de mer façon tagliatelle
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Haricot de mer (Himanthalia elongata) frais : 200 g
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Gros sel marin : 5 g
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Huile d’olive extra vierge : 2 c. à soupe
Jus réduit au cidre
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Cidre brut breton : 25 cl
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Échalotes : 2 pièces
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Fond de volaille ou fumet de poisson : 15 cl
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Beurre doux : 40 g
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Sel, poivre blanc
Décor & finition
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Quelques pluches de cerfeuil ou persil plat
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Fleur de sel
Étapes de réalisation
1. Préparation du poisson
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Tailler les pavés de cabillaud en portions régulières.
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Assaisonner légèrement de sel et poivre.
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Réserver au frais.
2. Préparation du haricot de mer
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Blanchir le haricot de mer dans une eau bouillante salée 30 secondes.
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Rafraîchir immédiatement dans de l’eau glacée pour fixer la couleur verte.
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Égoutter puis couper en longues tagliatelles (ciseaux ou couteau fin).
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Assaisonner avec un filet d’huile d’olive.
3. Jus corsé au cidre
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Ciseler finement les échalotes.
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Les faire suer sans coloration dans une noix de beurre.
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Déglacer avec le cidre brut, réduire de ⅔.
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Ajouter le fumet de poisson, réduire encore de moitié.
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Monter la sauce hors du feu avec le beurre restant, au fouet.
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Rectifier sel et poivre → sauce brillante et corsée.
4. Cuisson du cabillaud
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Cuire les pavés à la vapeur douce (70–75 °C) pendant 8–10 minutes.
👉 La chair doit rester nacrée et juteuse.
5. Dressage
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Au centre de l’assiette : faire un nid de tagliatelles de haricot de mer.
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Déposer délicatement le pavé de cabillaud dessus.
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Napper autour d’un cordon de jus réduit au cidre.
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Finir avec une pluche de cerfeuil et une pincée de fleur de sel.
🎯 Points pédagogiques pour élèves
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Cuisson douce vapeur → maîtrise de la texture nacrée du poisson.
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Blanchiment des algues → technique pour préserver couleur et texture.
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Réduction et montage au beurre → jus corsé, brillant, avec équilibre terre (cidre, échalote) & mer (algues, poisson).
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Dressage moderne → minimaliste, centré sur volumes et verticalité.
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Homard bleu rôti, bisque au kombu et paillettes de dulse
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Homard rôti au beurre mousseux.
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Bisque classique montée au kombu pour profondeur umami.
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Finition : paillettes de dulse torréfiées, rappel iodé.
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👉 Plat signature d’un menu iodé.
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Ingrédients (4 personnes)
Homard
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Homards bleus bretons : 2 pièces de 600 g
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Beurre doux : 60 g
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Huile neutre : 2 c. à soupe
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Fleur de sel, poivre du moulin
Bisque au kombu
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Carcasses et têtes de homard : issues des 2 homards
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Carottes : 2 pièces
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Oignons : 2 pièces
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Céleri branche : 1 côte
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Concentré de tomate : 1 c. à soupe
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Cognac : 5 cl
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Vin blanc sec : 15 cl
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Kombu séché (Laminaria digitata) : 8 g
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Fumet de poisson ou eau : 50 cl
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Crème liquide entière : 10 cl
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Beurre : 30 g
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Sel, poivre blanc
Finition
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Dulse (Palmaria palmata) séchée : 5 g
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Huile d’olive extra vierge : quelques gouttes
Étapes de réalisation
1. Préparation du homard
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Plonger les homards 1 min dans une eau bouillante salée pour faciliter le décorticage.
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Décortiquer : récupérer queues et pinces entières, conserver les carcasses et têtes pour la bisque.
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Assaisonner les chairs de fleur de sel et poivre.
2. Bisque classique au kombu
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Concasser les carcasses, les faire rissoler dans un peu d’huile.
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Ajouter carottes, oignons, céleri en mirepoix → faire revenir.
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Ajouter le concentré de tomate, bien caraméliser.
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Déglacer au cognac flambé, puis au vin blanc → réduire.
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Ajouter fumet de poisson (ou eau) et le kombu. Laisser mijoter 25–30 min.
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Filtrer et presser fortement pour extraire les sucs.
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Réduire le liquide obtenu, crémer légèrement.
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Monter au beurre, assaisonner.
👉 Résultat : une bisque profonde, iodée, enrichie par l’umami du kombu.
3. Cuisson du homard rôti
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Chauffer une poêle avec un peu d’huile.
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Marquer les queues et pinces de homard.
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Ajouter le beurre, le faire mousser.
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Arroser les chairs 2–3 minutes en cuisant doucement.
👉 La chair doit rester juteuse et nacrée.
4. Finition aux algues
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Torréfier la dulse séchée 1 min à sec à la poêle, puis la réduire en paillettes.
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Réserver pour le dressage.
5. Dressage
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Dans une assiette creuse : verser un fond de bisque montée.
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Déposer la queue de homard, ajouter la pince à côté.
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Saupoudrer de paillettes de dulse torréfiées.
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Ajouter quelques gouttes d’huile d’olive pour la brillance.
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Option décor : chips de kombu croustillant ou herbes marines fraîches.
🎯 Points pédagogiques pour élèves
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Décorticage et gestion des carcasses : rien ne se perd.
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Maîtrise de la bisque : rissolage, déglaçage, réduction, montage.
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Utilisation du kombu : renforce l’umami et donne une profondeur nouvelle.
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Torréfaction des algues : technique pour concentrer les saveurs.
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Dressage signature : peu d’éléments, visuel fort, identité iodée.
🍖 Plats carnés (exemples)
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Pigeon au foin de kombu, jus réduit au cacao
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Pigeon rôti, cuisson terminée sur lit de kombu fumant.
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Jus corsé parfumé au cacao et kombu.
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Garniture : betterave rôtie, purée fine.
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Ingrédients (4 personnes)
Pigeon
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Pigeons fermiers : 2 pièces (à partager en 4)
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Beurre doux : 40 g
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Huile neutre : 2 c. à soupe
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Thym frais : 2 branches
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Ail : 1 gousse
Foin de kombu
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Kombu séché (Laminaria digitata) : 20 g
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Paille ou foin alimentaire (facultatif, pour fumage mixte) : 30 g
Jus corsé cacao–kombu
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Carcasses de pigeon concassées
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Échalotes : 2 pièces
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Vin rouge : 10 cl
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Fond brun de volaille : 20 cl
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Kombu séché : 5 g
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Cacao amer en poudre (100 %) : 5 g
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Beurre : 20 g
Garniture
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Betteraves rouges (petites) : 4 pièces
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Beurre : 30 g
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Crème liquide entière : 8 cl
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Sel, poivre blanc
Étapes de réalisation
1. Préparation du pigeon
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Lever les suprêmes et conserver les cuisses séparément.
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Assaisonner sel et poivre.
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Marquer les cuisses à la poêle, les cuire lentement au four (150 °C, 40 min).
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Les suprêmes seront cuits plus tard pour rester rosés.
2. Cuisson au foin de kombu
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Poêler rapidement les suprêmes côté peau, avec beurre, thym, ail.
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Terminer la cuisson en les déposant sur un lit de kombu fumant (au four ou dans une cloche, avec paille si souhaité).
👉 Résultat : chair rosée, parfum fumé-iodé.
3. Jus corsé cacao–kombu
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Faire colorer les carcasses concassées dans un peu d’huile.
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Ajouter échalotes ciselées, laisser caraméliser.
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Déglacer au vin rouge, réduire à sec.
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Mouiller au fond brun + kombu, laisser réduire 30 min.
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Filtrer, monter au beurre, ajouter cacao amer hors du feu.
👉 Sauce corsée, ronde, légèrement fumée et amère.
4. Garniture betteraves
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Rôtir les petites betteraves entières au four avec un filet d’huile, sel, thym (180 °C, 45 min).
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Mixer la moitié avec beurre et crème pour obtenir une purée lisse.
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Garder le reste en quartiers rôtis pour contraste de texture.
5. Dressage
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Sur l’assiette : un trait de purée de betterave.
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Déposer un suprême de pigeon rosé et une cuisse confite.
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Ajouter quelques quartiers de betteraves rôties.
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Napper d’un cordon de jus cacao–kombu.
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Décorer avec un éclat de kombu croustillant ou une micro-feuille de shiso rouge.
🎯 Points pédagogiques pour élèves
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Maîtrise des cuissons différenciées (cuisse confite, suprême rosé).
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Technique du fumage au kombu → subtilité iodée.
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Jus réduit → concentration, liaison au beurre, parfum cacao en finale.
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Équilibre gustatif : terre (betterave, pigeon) ↔ mer (kombu) ↔ amer (cacao).
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Veau basse température, condiment à la laitue de mer et citron confit
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Filet de veau cuisson douce (58 °C).
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Sauce légère montée à la laitue de mer.
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Condiment : citron confit + huile d’olive.
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👉 Accord avec légumes primeurs glacés.
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Ingrédients (4 personnes)
Viande
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Filet de veau : 4 pavés de 140 g
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Beurre doux : 30 g
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Huile neutre : 1 c. à soupe
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Thym : 1 branche
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Ail : 1 gousse
Sauce à la laitue de mer
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Laitue de mer (Ulva lactuca) fraîche dessalée : 30 g (ou 10 g séchée réhydratée)
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Crème liquide entière : 15 cl
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Fumet de volaille léger : 10 cl
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Beurre doux : 40 g
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Sel, poivre blanc
Condiment citron confit
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Citron confit au sel : 1 pièce
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Huile d’olive extra vierge : 4 c. à soupe
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Poivre noir concassé : 1 pincée
Légumes primeurs
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Carottes fanes : 8 pièces
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Navets boule d’or : 4 pièces
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Petits pois écossés : 150 g
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Beurre : 30 g
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Fleur de sel
Étapes de réalisation
1. Cuisson basse température du veau
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Assaisonner les pavés de veau (sel, poivre).
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Mettre sous vide avec un peu de beurre, thym, ail.
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Cuisson sous-vide à 58 °C pendant 1 h 30.
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À la sortie : colorer rapidement au beurre mousseux en poêle.
2. Sauce légère montée à la laitue de mer
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Chauffer fumet + crème, réduire légèrement.
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Ajouter la laitue de mer, mixer finement au blender.
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Monter au beurre bien froid coupé en dés → sauce nappante, brillante.
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Rectifier assaisonnement.
3. Condiment citron confit
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Hacher très finement le citron confit (sans les pépins).
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Mélanger avec huile d’olive et poivre noir concassé.
👉 Résultat : une pâte condimentaire puissante, acide-salée.
4. Légumes primeurs glacés
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Tailler carottes et navets en bâtonnets réguliers.
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Cuire dans une poêle avec eau à mi-hauteur + beurre + pincée de sel.
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Laisser réduire → obtenir un glaçage brillant.
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Ajouter petits pois blanchis en fin de cuisson.
5. Dressage
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Déposer le pavé de veau tranché (rosé nacré) au centre de l’assiette.
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Disposer harmonieusement les légumes glacés.
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Verser un cordon de sauce laitue de mer.
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Ajouter une touche de condiment citron confit sur la viande.
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Décorer d’une pluche d’aneth ou herbe fraîche.
🎯 Points pédagogiques pour élèves
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Cuisson sous-vide basse température : maîtrise de la précision thermique.
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Montage au beurre : technique classique revisitée avec algues.
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Condiment : apprentissage de l’équilibre iodé / salé / acide.
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Dressage moderne : sobriété, verticalité, jeu de couleurs (vert laitue, orange carotte, rosé du veau).
🍰 Desserts (créations signatures)
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Ganache chocolat blanc au wakamé, sablé breton salé
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Ganache montée au wakamé infusé.
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Sablé breton croustillant.
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Gelée d’agrumes pour fraîcheur.
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Ingrédients (4 personnes)
Ganache montée au wakamé
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Chocolat blanc de couverture (35 %) : 200 g
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Crème liquide (1) : 120 g
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Crème liquide (2, froide) : 200 g
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Wakamé séché (Undaria pinnatifida) : 5 g
Sablé breton salé
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Beurre demi-sel mou : 120 g
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Sucre semoule : 120 g
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Jaunes d’œufs : 4
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Farine T55 : 180 g
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Levure chimique : 8 g
Gelée d’agrumes
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Jus d’orange fraîchement pressé : 10 cl
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Jus de pamplemousse rose : 5 cl
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Jus de citron jaune : 2 cl
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Sucre semoule : 20 g
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Agar-agar : 2 g
Décor (option)
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Zestes de citron vert
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Quelques paillettes de nori ou poudre de wakamé
Étapes de réalisation
1. Ganache montée au wakamé
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Chauffer la crème (1) avec le wakamé, laisser infuser 10 min.
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Filtrer puis verser sur le chocolat blanc haché.
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Émulsionner jusqu’à texture lisse.
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Ajouter la crème froide (2), bien mélanger.
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Filmer et réserver 12 h au réfrigérateur.
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Le lendemain, monter comme une chantilly ferme.
2. Sablé breton salé
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Blanchir jaunes d’œufs + sucre.
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Incorporer beurre mou, puis farine et levure.
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Étaler sur 1 cm d’épaisseur, réserver au frais 30 min.
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Cuire à 170 °C pendant 15–18 min.
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Découper en disques encore tièdes avec un emporte-pièce.
3. Gelée d’agrumes
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Mélanger les jus + sucre.
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Porter à ébullition avec l’agar-agar, maintenir 1 min.
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Couler en fine couche dans un plat, laisser prendre au froid.
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Détailler en petits cubes ou en disques.
4. Dressage
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Disposer un disque de sablé breton au centre de l’assiette.
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Dresser une quenelle (ou poche) de ganache montée au wakamé dessus.
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Ajouter quelques cubes ou pastilles de gelée d’agrumes pour l’acidité.
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Zester légèrement de citron vert, saupoudrer de poudre de wakamé ou de nori.
🎯 Points pédagogiques pour élèves
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Infusion d’algue en pâtisserie → travail sur l’aromatique iodée en sucré.
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Ganache montée → technique de pâtisserie moderne.
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Sablé breton → classique français revisité avec une touche saline.
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Gelée d’agrumes → équilibre sucré/acidulé/iodé.
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Dressage → volume, contraste couleurs/textures (croustillant, mousseux, fondant, frais).
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Glace au lait d’algues, crumble de sarrasin, caramel iodé
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Infusion de lait avec laitue de mer dessalée → base de glace.
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Crumble breton au sarrasin.
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Caramel beurre salé relevé d’une pointe de nori.
Ingrédients (4 personnes)
Glace au lait de laitue de mer
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Lait entier : 50 cl
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Crème liquide entière : 10 cl
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Jaunes d’œufs : 4
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Sucre semoule : 120 g
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Laitue de mer (Ulva lactuca) dessalée : 20 g (ou 8 g séchée réhydratée)
Crumble de sarrasin
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Farine de sarrasin : 80 g
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Farine T55 : 40 g
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Sucre roux : 60 g
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Beurre demi-sel froid : 80 g
Caramel iodé
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Sucre semoule : 100 g
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Crème liquide entière : 10 cl
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Beurre demi-sel : 40 g
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Poudre de nori (Porphyra) : 2 g
Décor (optionnel)
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Graines de sarrasin torréfiées
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Éclats de nougatine
Étapes de réalisation
1. Glace au lait de laitue de mer
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Faire chauffer le lait avec la laitue de mer, infuser 15 min, filtrer.
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Mélanger jaunes d’œufs et sucre (blanchir).
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Verser le lait chaud sur le mélange, cuire comme une crème anglaise (82–84 °C).
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Ajouter la crème liquide, refroidir rapidement.
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Turbiner en sorbetière jusqu’à consistance crémeuse.
👉 Résultat : glace subtilement iodée, couleur vert pâle.
2. Crumble de sarrasin
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Mélanger farines et sucre.
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Sabler avec le beurre froid en petits dés jusqu’à texture sableuse.
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Étaler sur plaque.
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Cuire à 170 °C, 12–15 min → doré et croustillant.
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Réserver.
3. Caramel iodé
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Réaliser un caramel à sec avec le sucre.
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Déglacer avec la crème chaude, fouetter.
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Ajouter le beurre demi-sel.
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Hors du feu, incorporer la poudre de nori.
👉 Résultat : caramel salé avec une pointe iodée.
4. Dressage
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Dans une assiette creuse, déposer une cuillère généreuse de crumble de sarrasin.
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Ajouter une quenelle ou boule de glace au lait d’algues.
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Napper d’un filet de caramel iodé tiède.
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Décorer avec quelques graines de sarrasin torréfiées et une fine tuile croustillante (option).
🎯 Points pédagogiques pour élèves
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Infusion d’algue en dessert → subtilité d’une note iodée.
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Maîtrise d’une crème anglaise et d’une glace artisanale.
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Crumble sans gluten (au sarrasin) → modernité et terroir breton.
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Caramel beurre salé revisité → ajout d’un umami inédit avec le nori.
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Jeu de textures → froid/crémeux, croustillant, onctueux, iodé/sucré.
🎯 Points clés pédagogiques pour élèves de grande école
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Techniques de base : infusion, blanchiment, séchage → pour révéler les arômes sans amertume.
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Algues comme ingrédient principal et non comme simple décor.
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Travail sur l’umami : kombu, dulse, nori → amplificateurs de saveur.
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Accords subtils : algues avec crustacés, agrumes, légumes racines, cacao, sarrasin.
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Créativité : élargir aux desserts, aux sauces modernes, aux condiments.
3 plats gastronomiques emblématiques (entrée, poisson, dessert), pour montrer la diversité des usages.
1️⃣ Entrée : Tartare de Saint-Jacques à la dulse et pomme verte
Ingrédients (4 personnes)
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8 noix de Saint-Jacques bien fraîches
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1 pomme Granny Smith
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10 g de dulse (Palmaria palmata) fraîche ou dessalée
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1 petite échalote
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1 c. à soupe d’huile de sésame toastée
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1 c. à soupe d’huile d’olive
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1 c. à soupe de vinaigre de cidre
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Sel fin, poivre du moulin
Préparation
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Préparer les algues : rincer la dulse, l’égoutter et la ciseler finement.
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Tailler les Saint-Jacques en brunoise régulière.
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Couper la pomme en petits dés (laisser la peau pour le croquant et la couleur).
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Émincer l’échalote très finement.
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Mélanger le tout dans un bol avec les huiles, le vinaigre, sel et poivre.
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Dresser à l’emporte-pièce, garnir de quelques paillettes de nori en décor.
👉 Saveur iodée douce, fraîcheur fruitée, texture croquante.
2️⃣ Plat : Bar de ligne en croûte de nori, mousseline de topinambour
Ingrédients (4 personnes)
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4 pavés de bar (120 g chacun, peau enlevée)
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4 feuilles de nori (Porphyra) séchées
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400 g de topinambours
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50 g de beurre doux
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10 cl de crème liquide entière
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1 échalote
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10 g de wakamé séché (ou 25 g réhydraté)
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10 cl de vin blanc sec
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Sel, poivre blanc
Préparation
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Préparer la mousseline :
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Éplucher et cuire les topinambours à l’eau salée.
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Égoutter, mixer avec 30 g de beurre et la crème.
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Assaisonner, réserver au chaud.
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Préparer le poisson :
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Badigeonner légèrement les pavés avec un peu de beurre fondu.
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Envelopper chaque pavé dans une feuille de nori.
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Cuisson au four vapeur ou à 80–90 °C, 8–10 min (cuisson douce pour préserver l’umami).
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Sauce au wakamé :
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Faire suer l’échalote dans 20 g de beurre.
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Déglacer au vin blanc, réduire de moitié.
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Ajouter le wakamé, infuser 5 min.
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Mixer et monter avec un peu de crème.
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Dressage :
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Sur l’assiette : quenelle de mousseline, pavé en croûte de nori.
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Verser un cordon de sauce wakamé.
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Décor : chips de topinambour et poudre de dulse.
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3️⃣ Dessert : Ganache montée au wakamé, sablé breton
Ingrédients (4 personnes)
Pour la ganache
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200 g de chocolat blanc
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150 g de crème liquide (1)
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200 g de crème liquide (2), froide
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5 g de wakamé séché
Pour le sablé breton
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120 g de beurre demi-sel mou
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120 g de sucre
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4 jaunes d’œufs
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180 g de farine
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1 sachet de levure chimique
Préparation
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Infusion wakamé : chauffer la crème (1) avec le wakamé. Laisser infuser 10 min, filtrer.
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Ganache : verser la crème infusée chaude sur le chocolat blanc, émulsionner. Ajouter la crème froide (2). Réserver 12 h au frais.
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Monter la ganache en chantilly ferme avant dressage.
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Sablé breton : blanchir jaunes + sucre, ajouter beurre mou, puis farine + levure. Étaler et cuire 15 min à 170 °C. Découper en disques.
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Dressage : déposer une quenelle ou poche de ganache sur le sablé, décorer avec paillettes de nori caramélisées ou un coulis d’agrumes.
👉 Résultat : contraste entre l’iode subtil du wakamé et la rondeur du chocolat blanc.
🎯 Objectif pédagogique
Ces recettes permettent aux élèves de :
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travailler les techniques classiques (tartare, cuisson douce, ganache montée, sablé breton).
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intégrer les algues comme ingrédient central (et non gadget).
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comprendre les accords saveurs terre-mer (fruit, iode, racine, sucré-salé).